Né en 1954, ingénieur des Mines de Saint-Etienne, j'ai été informaticien toute ma vie professionnelle. Après un début en société de services, j'ai travaillé dans l'informatique de Carrefour (Promodès avant sa fusion avec Carrefour) en interne puis comme prestataire IBM jusqu'à ma retraite officielle en 2017. Je vis actuellement en Saône et Loire à côté de Mâcon.

Introduction

On parle beaucoup moins du [*] Covid ces derniers temps. Le sujet brûlant de l’Ukraine  et l’élection présidentielle l’ont maintenant remplacé au sommet de l’actualité.  Il y a eu beaucoup de controverses et de passions, on a dit tout et son contraire, et les gens en ont marre après 2 ans de pandémie.

Vu que la maladie est devenue relativement bénigne avec le variant Omicron, cela ne fait plus peur à autant de monde. Le pass vaccinal été suspendu. Les masques à l’extérieur ont disparu, et à l’intérieur, ils se raréfient.  L’échec des vaccins anti-Covid semble par ailleurs avéré devant l’explosion des contaminations, notamment chez les vaccinés à triple dose. En parallèle, le système hospitalier tient, le nombre de morts du Covid ou des malades en réanimation n’explose pas.

L’obligation vaccinale des soignants ou des professions recevant du public comme les chauffeurs de taxis reste cependant en vigueur. De plus, les principales restrictions ont juste été suspendues, elles peuvent être réactivées à tout moment. La crise du Covid n’est donc pas finie. Elle pourrait bien rebondir opportunément après les élections pour peu que le pouvoir en place y voie son intérêt.

C’est pourquoi il me parait opportun de revenir sur le sujet de manière factuelle. On commence  à avoir un bon recul,  D’autres pandémies arriveront forcément dans le futur. Il faudrait arriver à faire mieux la prochaine fois et qui sait, mieux terminer la présente pandémie.

On va donc s’intéresser ici à quelques chiffres clé sur la pandémie de Covid, histoire de conforter la vue d’ensemble de la situation.

 

[*] Je préfère dire le Covid, au sens du virus, masculin, plutôt que la Covid, au sens de la maladie. La Covid, ça m’a toujours écorché les oreilles. Le Covid, c’est rentré dans l’usage commun. Le Petit Robert l’a consacré.

 

Comparatif des  pandémies de l’histoire

Infographie sur les pandémies humaines

Infographie des grandes pandémies humaines,
 source visualcapitalist.com,  chiffres actualisés à début mars 2022

Au 3 avril 2022 (1), on comptait environ 490 millions de cas de Covid détectés depuis le début de la pandémie. On recensait environ 7,3 millions de décès Covid dans le monde. Le taux de mortalité rapporté au nombre de cas est  inférieur à 1,5%.. Cela a frappé en majorité des personnes fragiles ou de plus de 80 ans.

L’infographie ci-dessus montre que  la pandémie a été loin d’être négligeable. Mais d’autres pandémies dans le passé ont été bien plus graves, y compris au 20ème siècle avec la  grippe espagnole et le sida.

 

Discussion sur le nombre de cas de Covid

cas de Covid

Habituellement, on donne le nombre de malades dans une pandémie. Ici, on n’a que le nombre de cas de Covid.  On mesure simplement ici le nombre de personnes avec un test positif enregistré; cela dépend donc du nombre de tests effectués. Si une personne est détectée positive au Covid, elle a simplement des traces du virus en elle. On ne peut considérer qu’elle est malade que si elle a des symptômes.

Les médias et les autorités ont abondamment entretenu cette confusion. Elle a eu pour effet de gonfler artificiellement l’importance de la pandémie  en donnant des chiffres plus élevés.  Le réglage très optimiste des tests PCR a aussi joué largement. On met le doigt ici sur un des mécanismes utilisés pour propager une peur exagérée et pousser à la vaccination générale : on a fait croire aux gens qu’ils étaient devant quelque chose d’aussi grave que la peste noire. Comme on le voit, on en est loin !

Si on décline l’indicateur du nombre de cas rapporté à la population, on trouve au niveau mondial environ 6,3% de la population. En France, on recense plus de 38% de personnes contaminées, pas loin du record mondial. La France est le 4ème pays au monde en nombre de cas de Covid !

Ce serait toutefois une erreur d’en tirer des conclusions hâtives sur la gravité de l’épidémie chez nous. C’est un indicateur parmi d’autres. Plus  vous testez, plus vous avez de cas. Or, on a beaucoup testé en France, plus qu’ailleurs en général. Une grande peur bien entretenue s’est installée dans la population, La gratuité des tests pour tous, puis  pour les seuls vaccinés (plus de 80% de la population)  a aussi joué, mais le coût en a été élevé.

 

 

Le nombre de morts Covid par million d’habitants

Revue générale de l’indicateur

Cet indicateur par pays tiré du site worldometers.info (2) , parait pertinent pour juger de la sévérité de la pandémie. Il permet aussi d’évaluer  entre pays comparables l’efficacité des mesures prises pour lutter contre elle [**].

La limite est que la mesure du nombre de morts Covid n’est pas homogène : dans les pays occidentaux, on a parfois eu tendance à compter un peu facilement comme morts Covid des personnes qui ne sont pas forcément mortes du Covid, mais qui portaient le virus. Inversement, il est possible que certains pays en Afrique ou en Asie n’ont pas toujours bien recensé tous les morts du Covid.

Ceci étant posé, la France est sur cet indicateur (données actualisées au 4 avril 2022) au 188ème rang mondial sur 223 pays  : elle a un taux de morts Covid de 2 175 morts par million d’habitants au 4 avril 2022.  C’est beaucoup !

Un continent comme l’Afrique, au système de santé pourtant théoriquement bien moins avancé que nous, s’en est bien mieux sorti dans l’ensemble.

Parmi ceux qui semblent avoir réussi, on peut mettre à première vue à part des îles comme la Nouvelle-Zélande ou le Japon, même s’il y a aussi des enseignements à en tirer.  La maîtrise des entrées sur une île est en effet bien plus facile, et cela a souvent  bien aidé à maintenir bas la pandémie.

Quelques pays ont fait pire que nous, comme le Pérou, la Russie, ou les USA, un des pires au 210ème rang mondial avec 3015 décès par million d’habitants.

 

[**] Ce site note un peu moins de morts Covid que le site de l’ARS. Mais il permet de trier les pays pour chaque indicateur, ce qui est bien pratique

 

Cas des pays européens

En général, les pays européen, ainsi que le reste de l’Occident, sont en bas de classement comme nous, ce qui n’est probablement pas un hasard.

La plupart des pays de l’est de l’Europe ont fait pire que nous, ainsi que la Belgique, l’Italie, et la Grande Bretagne.

Espagne et Portugal ont des chiffres très voisins de la France.

Certains en Europe ont fait mieux, voire bien mieux que nous. comme la Suède,  l’Allemagne,  la Suisse, les Pays Bas, le Danemark , et la Finlande.

Objectivement, on ne s’en est donc pas si bien sorti que cela. Si on compare avec l’Allemagne, on a environ 30% de morts en plus par million d’habitants. Le Danemark et la Finlande ont eu environ 2 fois moins de morts par million d’habitants que nous.

 

Combien nous a coûté le « quoi qu’il en coûte »

Comme vu précédemment, notre politique  de santé a eu une efficacité douteuse. Pour la défendre, on nous répète abondamment le « quoi qu’il en coûte » qui aurait évité des catastrophes. Ça a été populaire.

En attendant, les chiffres 2021 (3) donnent le vertige : 161 milliards d’euros de déficit public (environ 6,6 % du PIB), 128 milliards de dépenses supplémentaires en 2 ans, +165 milliards d’euros de dette (endettement à 112,9% du PIB).

Le remboursement de cette dette supplémentaire pourrait bien se faire dans la douleur, avec un risque pour notre indépendance. C’est tout à fait similaire à la situation de ces ménages trop endettés qu’on met sous tutelle pour arriver à les faire rembourser leurs dettes sans fin. Déjà avec la reprise de l’inflation, on compte que la charge de la dette va augmenter de plus de 5 milliards d’euros cette année. On peut craindre que ce ne soit qu’un début. Il y a là une vraie bombe à retardement dont on ne parle pas. La plupart des candidats cigales à la Présidentielle sont pendant ce temps bien occupés à faire des promesses faciles sans savoir comment ils vont les financer.

Aussi, demandons nous si une autre politique n’aurait pas pu à moindre coût être bien plus efficace. Ces dépenses ont été engagées d’abord pour pallier aux confinements ou fermetures diverses à répétition de branches entières de l’économie. La politique de tests et le tout vaccinal ont aussi joué un rôle, comme on le verra au paragraphe suivant. Tout a été financé à crédit.

 

Tests et vaccination de masse Covid

Les résultats de la vaccination

Fin mars 2022 (Cf chiffres officiels (4) du gouvernement), environ 55 millions de personnes étaient considérées comme vaccinées entièrement, soit environ 80% de la population dont 93% des majeurs. C’est considérable et notre gouvernement se targue de cela comme d’un grand succès.

Cependant, si ces vaccins avaient été efficaces, l’épidémie avec de pareils chiffres de personnes vaccinées aurait dû être éradiquée depuis longtemps. Or ce n’est pas le cas, bien au contraire : au 31/12/2021, on comptait 10 077 783 cas de Covid cumulés depuis le début de l’épidémie. Au 1/04/2022, le chiffre a bondi à 25 952 226 cas (1) : cela fait près de 15,9 millions de personnes contaminées par le Covid en 3 mois, soit plus qu’en 2 ans depuis le début de l’épidémie.

Cette explosion du nombre de cas sur une population vaccinée à plus de 80% signe l’échec indiscutable de ces vaccins. La pandémie perdure. On ne peut plus dire que c’est la faute des non-vaccinés, et d’ailleurs, plus personne n’ose tenir ce discours indigne et faux.

Certains ont prétendu que ces vaccins protègent contre les formes graves de la maladie. Le point est très discuté encore à ce jour. Il devient de toute façon de moins en moins d’actualité vu l’évolution du virus vers des formes de plus en plus bénignes. Certains médecins affirment même que ce sont les vaccins qui sont responsables de cette explosion de cas. De plus, on a recensé beaucoup d’effets secondaires, certains très graves. On reviendra sur tout cela dans un article ultérieur, cela mérite une étude plus approfondie.

Coût d’une politique

Tests et vaccins ont coûté 13,2 milliards d’euros à l’assurance maladie en 2021 (5) : 6,9 milliards d’euros pour les tests, plus de 6 milliards d’euros pour les vaccins. Rien que l’achat des vaccins en 2021 a coûté 4,3 milliards d’euros en 2021

Tout ça pour ça, a-t-on envie de dire !

 

 

Les bénéfices Covid de certains grands labos

termùiner la présente pandémie, ou pour traiter « ‘Pendant que certains étaient à la peine, d’autres ont touché le jackpot. Les chiffres de Pfizer (6), le principal fabricant de vaccins américain du Covid pour le monde entier le montrent. Le chiffre d’affaires de l’entreprise américaine a bondi de 95 % en 2021, à 81,3 milliards de dollars, et son bénéfice net a plus que doublé, à 22 milliards de dollars. Les résultats attendus pour 2022 sont encore meilleurs.

Avec un pareil trésor de guerre, on peut faire à peu près ce que l’on veut !

 

Conclusion

Même si on croit connaître le sujet, la revue globale des chiffres, trop rarement entreprise, nous surprend sur certains aspects, et contredit bien des discours simplistes.

On peut voir du premier coup d’œil l’importance de la pandémie qui pulvérise le discours de ceux qui prétendent que tout a été inventé. Il faut toutefois relativiser. On n’est pas devant la pire pandémie de l’histoire, il y en a eu de pires au 20ème siècle.

Ce qui est nouveau est ici la surréaction de toute une société face à la pandémie. On a adopté des mesures souvent contraignantes d’une efficacité douteuse comme la vaccination pour tous.

Le cas de la France n’a pas été très brillant si on la compare à certains de ses voisins : on a mal maîtrisé l’épidémie et une montagne de dettes a été créée pour financer une politique peu efficace. Dans le même temps, les fabricants de vaccins se sont enrichis de manière impressionnante.

Les assertions telles que « on s’en est mieux sorti qu’ailleurs » ou « Macron a très bien géré la pandémie » sont donc factuellement fausses. Il s’agit d’une propagande bien éloignée de la vérité.

 

Articles suivants

L’examen dépassionné des faits devrait aider à comprendre comment on en est arrivé là. Ceci permettra de mieux  évaluer ce qui a marché et ce qui a raté. La réflexion pourra aussi proposer des pistes pour mieux faire. En effet, la pandémie n’est pas terminée, elle pourrait rebondir. De plus, une autre pandémie arrivera nécessairement dans le futur. Il est donc important d’éviter de reproduire les mêmes erreurs que cette fois-ci. D’où les articles suivants :

    • (2) Examen de la question des vaccins et des traitements : le tout vaccinal a été la clé de voute de la lutte anti-Covid en Occident, notamment en France. Il est donc légitime de s’y intéresser de près et de voir aussi pourquoi les traitements efficaces trouvés contre cette maladie n’ont pas percé.
    • (3) Bilan des mesures prises contre le Covid, hors vaccins,  et suggestion de pistes pour mieux faire dans le futur  (***** à venir *****)

Michel Renouleau – finalisé le 18/05/2022

 

Ressources